Solaire plug-and-play
Kit solaire plug and play : ce que dit la loi en France en 2026
Légal si vous le déclarez à Enedis avant de brancher. CACSI, Consuel, onduleur, prise, compteur Linky, assurance et copropriété : les règles à connaître.
L’essentiel
- Un kit solaire plug and play est légal en France ; l’article L315-7 du Code de l’énergie impose de le déclarer au gestionnaire de réseau avant la mise en service, sans seuil de puissance.
- Sans vente d’électricité, la déclaration prend la forme d’une convention d’autoconsommation sans injection (CACSI), gratuite et en ligne ; pour un kit assemblé en usine de 3 kVA au plus, une attestation sur l’honneur remplace le Consuel.
- Depuis le 1er janvier 2025, Enedis demande une attestation de l’onduleur selon la norme NF EN 50549-1 pour les installations de plus de 800 W.
- Le compteur Linky ne tourne jamais à l’envers : le surplus envoyé sur le réseau est cédé gratuitement.
- Vendre le surplus suppose un installateur qualifié et une attestation Consuel, pour 1,1 centime HT par kWh depuis l’arrêté du 1er juin 2026 : hors de portée d’un kit.
- Locataire ou copropriétaire : accord écrit du propriétaire, et vote en assemblée générale dès que la façade ou le garde-corps est modifié.
Oui, un kit solaire plug and play est légal en France, en maison comme en appartement, à condition de le déclarer à Enedis avant de le brancher, comme l’impose l’article L315-7 du Code de l’énergie. Sans vente d’électricité, la démarche se limite à une convention d’autoconsommation sans injection, la CACSI, gratuite et signée en ligne. Les vrais points d’attention sont ailleurs : la conformité de l’onduleur, le circuit sur lequel vous branchez le kit, le compteur, et l’accord du propriétaire ou de la copropriété quand le panneau touche à la façade.
Deux régimes : avec ou sans injection
La loi française ne fixe pas de limite de puissance propre aux kits solaires à brancher, contrairement aux 800 W de la règle allemande. Ce qui compte est l’usage du courant produit. Le Code de l’énergie, aux articles L315-1 et suivants, encadre l’autoconsommation individuelle ; l’article L315-7 impose de déclarer l’installation au gestionnaire du réseau de distribution avant sa mise en service, sans seuil de puissance. Ce gestionnaire est Enedis sur la quasi-totalité du territoire.
- Autoconsommation sans injection : vous consommez tout ce que le kit produit ; le surplus inévitable part sur le réseau sans contrepartie. C’est le régime de presque tous les kits plug and play, expliqué en détail dans le guide de l’autoconsommation sans injection.
- Autoconsommation avec injection : vous vendez le surplus à EDF Obligation d’Achat ou à un autre acheteur. Cela suppose une demande de raccordement, une attestation Consuel et un contrat d’achat. Depuis l’arrêté du 1er juin 2026, le tarif est de 1,1 centime hors taxes par kWh et suppose un installateur qualifié ou certifié ; la vente en totalité n’est plus ouverte aux installations de 9 kWc ou moins.
La CACSI couvre les installations jusqu’à 36 kVA. Le seuil de 3 kVA qui circule pour les kits plug and play décrit la voie sans Consuel, d’après Photovoltaique.info, et non une limite légale. Les kits vendus en France se situent le plus souvent entre 400 et 900 W ; au-delà, voyez le guide du kit solaire de 2 000 W et celui sur le fait de brancher plusieurs kits solaires.
La CACSI : la déclaration à faire avant de brancher
La convention d’autoconsommation sans injection est un contrat entre vous et Enedis. Vous vous engagez à ne pas injecter volontairement ; Enedis accepte en retour que le kit soit raccordé au réseau à travers votre installation intérieure, sans compteur de production ni facturation particulière. La signature se fait en ligne, elle est gratuite et elle précède la mise en service.
Les petites injections inévitables, par exemple quand le réfrigérateur s’arrête en plein midi, sont tolérées : cette énergie est cédée gratuitement au réseau. Si votre logement dépend d’une entreprise locale de distribution plutôt que d’Enedis, comme à Strasbourg, Grenoble ou Metz, la même obligation s’applique auprès d’elle, avec son propre formulaire. Le détail de la démarche, pièce par pièce, est dans notre guide Déclarer son kit solaire à Enedis.
Consuel : quand l’attestation est nécessaire
Le Consuel vise l’attestation de conformité que l’article D342-19 du Code de l’énergie exige, avant la mise sous tension, pour les installations de production de moins de 250 kVA qui modifient l’installation intérieure. Elle est exigée pour toute injection vendue sur le réseau et pour les installations qui sortent du parcours simplifié. Pour un kit fabriqué, assemblé et testé en usine, qui ne modifie pas l’installation existante, Enedis indique dans un document publié par la Commission de régulation de l’énergie fin juillet 2026 ne pas demander d’attestation Consuel : vous attestez à la place, sur l’honneur, que le kit n’a pas nécessité la création de circuits fixes et qu’il est conforme aux normes en vigueur. D’après Photovoltaique.info, cette voie suppose un kit de 3 kVA au plus, sans batterie. Confirmez ce point sur le portail au moment de votre démarche.
Dès que vous vendez du surplus, ou qu’un électricien raccorde le kit en fixe avec une modification du tableau, l’attestation redevient la règle. Elle est payante et suppose une installation conforme à la norme NF C 15-100.
L’onduleur : ce qu’Enedis attend
Le micro-onduleur transforme le courant continu des panneaux en courant alternatif et doit se couper instantanément si le réseau tombe. La règle de conformité a changé : pour les installations de plus de 800 W dont la demande de raccordement est faite après le 1er janvier 2025, Enedis demande une attestation de conformité à la norme NF EN 50549-1, d’après Photovoltaique.info. Auparavant, la conformité se vérifiait avec l’attestation DIN VDE 0126-1-1, souvent dans sa version française VFR 2019.
Pour un kit de 800 W ou moins, l’attestation DIN VDE 0126-1-1 reste celle que fournissent la plupart des fabricants, mais la règle exacte pour ces petites puissances n’est pas publiée de façon claire. Demandez au vendeur l’attestation la plus récente, de préférence selon la NF EN 50549-1, conservez-la et joignez-la à la CACSI. Vérifiez aussi le marquage CE, la puissance de sortie en watts et la puissance des modules en watts-crête (Wc). Le choix d’un kit de cette taille est détaillé dans le guide du kit solaire de 800 W.
Prise classique ou prise dédiée
La plupart des kits se branchent sur une prise de courant classique de type E, 16 A. La version de la norme NF C 15-100 entrée en vigueur en septembre 2025 interdit de raccorder un générateur à un circuit terminal de l’installation fixe. Dans sa réponse à une question écrite, publiée au Journal officiel du 26 mai 2026, le gouvernement confirme cette interdiction pour les socles de prise classiques, en raison des risques d’électrocution et d’échauffement des conducteurs, tout en précisant que les kits vendus sous la responsabilité du fabricant ne relèvent pas de l’installation électrique fixe, puisqu’aucun circuit n’est créé ni modifié. Aucune dérogation n’a été annoncée. Les recommandations convergent :
- un circuit dédié, protégé par son propre disjoncteur 16 A et une protection différentielle 30 mA ;
- aucune multiprise ni rallonge entre le kit et la prise ;
- une prise extérieure étanche, au minimum IP44, si elle est exposée ;
- un seul kit par circuit, avec une puissance totale qui reste dans le cadre de la CACSI.
Certains fabricants livrent une prise spécifique à verrouillage à la place de la fiche classique. Si la prise du balcon partage son circuit avec la cuisine, ou si le tableau vous est inconnu, faites poser une prise dédiée par un électricien ; c’est une demi-journée de travail qui sécurise l’ensemble. Notez qu’une création de circuit modifie l’installation fixe et peut faire sortir le kit de la voie sans Consuel. Le détail est dans le guide brancher un panneau solaire sur une prise 220 V.
Le compteur Linky et le surplus
Linky mesure séparément l’énergie soutirée et l’énergie injectée. Il ne tourne jamais à l’envers, et il enregistre tout surplus que le kit envoie sur le réseau. Avec une CACSI, ce surplus est cédé gratuitement et n’apparaît pas sur votre facture. Un ancien compteur électromécanique peut, lui, reculer : c’est interdit, et Enedis le remplace par un Linky au moment de la déclaration. Un kit raccordé sans déclaration se repère d’ailleurs à l’injection enregistrée par le compteur.
Assurance, propriétaire, copropriété et mairie
Prévenez votre assureur habitation. Un panneau fixé à un garde-corps peut blesser quelqu’un en tombant et un défaut électrique peut provoquer un incendie ; la plupart des contrats multirisques couvrent ces risques, parfois après un simple avenant, et la déclaration vous protège en cas de litige.
Locataire, vous avez besoin de l’accord écrit du propriétaire dès que vous percez ou fixez quelque chose au bâtiment ; voyez le guide panneau solaire sur balcon en location. Un panneau simplement posé sur le sol du balcon relève de la jouissance normale du logement, mais le bail et le règlement de copropriété peuvent encadrer ce qui est visible depuis la rue.
En copropriété, un panneau accroché à la façade ou au garde-corps modifie l’aspect extérieur de l’immeuble : l’article 25 b de la loi du 10 juillet 1965 soumet ces travaux à un vote de l’assemblée générale, à la majorité des voix de tous les copropriétaires, avec un second vote possible à la majorité simple si le projet obtient un tiers des voix. Depuis la loi du 10 mars 2023, l’article 24 permet aussi de décider à la majorité simple l’installation d’ouvrages solaires sur les façades et garde-corps ; son application au kit d’un seul copropriétaire reste discutée. Déclarez votre projet au syndic avant d’acheter, photo et fiche technique à l’appui ; la démarche est détaillée dans le guide panneau solaire de balcon en copropriété. Enfin, un panneau fixé en façade ou en toiture peut exiger une déclaration préalable de travaux en mairie, surtout aux abords d’un monument historique ; le service urbanisme de votre commune vous le dira en quelques minutes.
| État | France |
|---|---|
| Puissance max. de l’onduleur | pas de limite |
| Puissance max. des panneaux | pas de limite |
| Déclaration | auprès du gestionnaire de réseau |
| Délai | avant la mise en service |
| Type de prise | prise domestique ou prise dédiée |
| Compteur qui tourne à l’envers | interdit |
| TVA | taux normal |
| Locataires et copropriété | accord nécessaire |
| État | Vérification en cours |
- France: Déclaration à Enedis avant la mise en service (Code de l’énergie, art. L315-7), via une convention d’autoconsommation sans injection (CACSI) jusqu’à 36 kVA. Un kit assemblé en usine de 3 kVA au plus, sans batterie ni nouveau circuit, peut se passer du Consuel avec une attestation sur l’honneur. Le branchement sur une prise ordinaire reste discuté au regard de la NF C 15-100.
Avant d’acheter : les points à vérifier
- L’attestation de conformité de l’onduleur est récente : NF EN 50549-1 au-delà de 800 W, et de préférence aussi en dessous.
- Le kit est assemblé et testé en usine, sans batterie, si vous voulez rester dans la voie sans Consuel.
- La notice existe en français, avec le schéma de branchement.
- La puissance de l’onduleur correspond à votre consommation de base, entre 300 et 800 W pour un ménage ; au-delà, le surplus cédé gratuitement augmente.
- Le système de fixation est prévu pour le vent : un panneau de 2 m² sur un garde-corps au cinquième étage subit des efforts importants.
- La garantie couvre au moins dix ans sur l’onduleur et vingt ans sur les modules, ordres de grandeur courants.
- Pour un achat en ligne, le délai de rétractation de quatorze jours du Code de la consommation s’applique.
Prochaines étapes
La question légale réglée, deux étapes suivent : la déclaration elle-même et le calcul de ce que le kit vous rapportera.
Questions fréquentes
Un kit solaire plug and play est-il légal en France ?
Oui. Aucun texte n’interdit de brancher un petit kit photovoltaïque sur une prise, à condition de le déclarer au gestionnaire de réseau, Enedis dans la plupart des cas, avant la mise en service.
Faut-il déclarer un kit solaire de 400 W à Enedis ?
Oui, quelle que soit la puissance. L’article L315-7 du Code de l’énergie impose de déclarer toute installation en autoconsommation au gestionnaire de réseau avant sa mise en service, sans seuil. Pour un kit sans injection, la déclaration aboutit à la CACSI.
Faut-il une attestation Consuel pour un kit plug and play ?
Pas pour un kit fabriqué, assemblé et testé en usine qui ne modifie pas l’installation existante : dans un document publié par la CRE fin juillet 2026, Enedis indique remplacer le Consuel par une attestation sur l’honneur. D’après Photovoltaique.info, cette voie suppose un kit de 3 kVA au plus, sans batterie. L’attestation Consuel redevient nécessaire en cas de vente du surplus ou de création d’un circuit.
Peut-on brancher un kit solaire sur une prise classique ?
La version de la NF C 15-100 en vigueur depuis septembre 2025 interdit de raccorder un générateur à un circuit terminal de l’installation fixe. Dans sa réponse publiée au Journal officiel du 26 mai 2026, le gouvernement rappelle cette interdiction mais estime que les kits vendus sous la responsabilité du fabricant ne relèvent pas de l’installation fixe. La pratique la plus sûre reste une prise sur circuit dédié, sans multiprise ni rallonge.
Que devient l’électricité que je ne consomme pas ?
Elle part sur le réseau. Le compteur Linky l’enregistre dans un index séparé ; avec une CACSI, elle est cédée gratuitement et ne vous est ni facturée ni payée.
Puis-je installer un kit solaire sur mon balcon en location ?
Oui, avec l’accord écrit du propriétaire dès que vous fixez quelque chose au bâtiment. En copropriété, un panneau accroché au garde-corps ou à la façade modifie l’aspect extérieur et passe par un vote de l’assemblée générale.
Sources
- Code de l’énergie, article L315-7 : déclaration des installations en autoconsommation
- Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l’arrêté du 6 octobre 2021 sur les conditions d’achat de l’électricité photovoltaïque
- Assemblée nationale : question écrite n° 10336 et réponse du gouvernement (JO du 26 mai 2026)
- Enedis : autoconsommer la totalité de l’énergie produite par vos panneaux
- Rapport de concertation Enedis sur le modèle de contrat d’accès BT jusqu’à 36 kVA (annexe à la consultation CRE n° 2026-13)
- Photovoltaique.info : conformité des onduleurs, passage à la NF EN 50549
- Photovoltaique.info : raccordement sans injection jusqu’à 36 kVA
- Photovoltaique.info : attestation Consuel et rapport de contrôle
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 25 : travaux d’un copropriétaire affectant les parties communes ou l’aspect extérieur
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 24 : ouvrages solaires sur les toits, façades et garde-corps
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou électrique. Les règles de votre gestionnaire de réseau et de votre commune prévalent.