Solaire plug-and-play
Autoconsommation sans injection : définition, CACSI et limites
En autoconsommation sans injection, vous consommez votre production et ne vendez rien ; le surplus résiduel part gratuitement sur le réseau. Règles et calculs.
L’essentiel
- L’autoconsommation sans injection est le régime de presque tous les kits plug and play : rien n’est vendu, la production est consommée sur place.
- Elle se formalise par une convention d’autoconsommation sans injection (CACSI) avec Enedis, gratuite, pour les installations jusqu’à 36 kVA.
- La puissance de production ne doit pas dépasser la puissance souscrite de l’abonnement, d’après Photovoltaique.info.
- Le surplus inévitable part sur le réseau sans rémunération ; le vendre ne rapporterait que 1,1 centime HT par kWh depuis juin 2026, avec installateur qualifié.
- Jusqu’à 3 kW, le surplus non vendu est cédé gratuitement au gestionnaire de réseau (articles L315-5 et D315-10 du Code de l’énergie).
L’autoconsommation sans injection consiste à consommer sur place l’électricité de ses panneaux sans en vendre au réseau. C’est le régime de presque tous les kits plug and play, déclaré à Enedis par une convention gratuite, la CACSI, jusqu’à 36 kVA. Le nom trompe : un kit injecte quand même son surplus quand il produit plus que le logement ne consomme, mais gratuitement.
Les trois façons d’utiliser sa production solaire
Le Code de l’énergie encadre l’autoconsommation aux articles L315-1 et suivants. Pour un particulier, trois régimes existent, qui se distinguent par le sort réservé au surplus.
| Régime | Ce que devient le surplus | Contrat avec Enedis | Attestation Consuel | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| Autoconsommation sans injection | Cédé gratuitement au réseau | CACSI, gratuite | Non demandée pour un kit assemblé en usine | Kits plug and play, petites installations |
| Autoconsommation avec vente du surplus | Vendu, 1,1 centime HT par kWh depuis juin 2026 | Contrat d’accès et d’exploitation | Exigée | Toitures posées par un installateur qualifié |
| Vente totale | Toute la production est vendue | Contrat de raccordement et d’accès | Exigée | Exclue du tarif d’achat pour les installations de 9 kWc ou moins |
L’arrêté du 1er juin 2026 a profondément changé les deux derniers régimes : tarif unique du surplus fixé à 1,1 centime hors taxes par kWh pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026, installateur qualifié obligatoire et suppression des primes à l’investissement. La vente totale, elle, reste fermée aux installations de 9 kWc au plus, comme depuis mars 2025. Pour un kit que vous installez vous-même, seule l’autoconsommation sans injection reste ouverte.
Que signifie « sans injection » pour un kit ?
Physiquement, un kit plug and play injecte. Son micro-onduleur fournit sa puissance au circuit du logement ; si les appareils allumés consomment moins, le reste traverse le compteur vers le réseau. Cela arrive chaque jour de soleil, par exemple quand le réfrigérateur s’arrête à midi.
Juridiquement, la CACSI repose sur un engagement : vous ne cherchez pas à injecter, et vous n’êtes pas rémunéré pour ce qui part malgré tout. L’article L315-5 du Code de l’énergie prévoit que ce surplus non vendu est cédé gratuitement au gestionnaire de réseau, pour les installations de 3 kW au plus selon l’article D315-10. Enedis accepte en retour que la production soit raccordée à travers votre installation intérieure, sans compteur de production, sans contrat d’accès au réseau et sans frais. Le compteur Linky enregistre ce surplus dans un index d’injection distinct de l’index de consommation ; il ne tourne jamais à l’envers.
Service-public.fr mentionne un dispositif de bridage pour l’autoconsommation sans injection, sauf si la production reste toujours inférieure à la consommation. Pour un kit plug and play, ni le parcours décrit par Photovoltaique.info ni la position d’Enedis publiée par la CRE n’en font une condition ; un dispositif anti-injection ou un réglage « zéro injection » du micro-onduleur reste possible. Le trajet du courant, du panneau au compteur, est détaillé dans le guide comment fonctionne un kit solaire plug and play.
Les conditions de la convention
D’après Photovoltaique.info, centre de ressources soutenu par l’ADEME, la déclaration en autoconsommation sans injection suppose :
- l’engagement de ne pas injecter volontairement sur le réseau ;
- une puissance de production inférieure ou égale à la puissance souscrite du logement, ce qui ne pose aucun problème avec un kit de 400 à 800 W et un abonnement de 6 ou 9 kVA ;
- un justificatif de conformité électrique : soit une attestation Consuel, soit, pour un kit fabriqué, assemblé et testé en usine, une attestation sur l’honneur que le kit dispose d’une protection de découplage conforme et qu’il est raccordé à un circuit conforme à la NF C 15-100 ;
- un compteur électronique : un compteur électromécanique est remplacé par Enedis, sans frais.
Enedis a confirmé fin juillet 2026, dans un document publié par la Commission de régulation de l’énergie, qu’en l’absence d’autre indication de l’administration il ne demande pas d’attestation Consuel pour les kits plug and play qui ne modifient pas l’installation existante. La démarche pas à pas est dans le guide déclarer son kit solaire à Enedis.
Combien d’énergie part gratuitement sur le réseau ?
Tout dépend de l’écart entre la production du kit et votre consommation de fond, 100 à 300 W pour la plupart des logements en journée. Les chiffres ci-dessous sont des estimations indicatives, pas des mesures.
| Kit et situation | Production par an | Part autoconsommée | Surplus cédé | Valeur du surplus au prix de détail |
|---|---|---|---|---|
| 1 panneau de 425 Wc, vertical au sud | 330 kWh | 90 % | 33 kWh | 7 € |
| 2 panneaux de 850 Wc, verticaux, foyer présent | 650 kWh | 75 % | 160 kWh | 32 € |
| 2 panneaux de 850 Wc, inclinés, logement vide en journée | 950 kWh | 50 % | 475 kWh | 95 € |
| 4 panneaux sans batterie, sortie 1 600 W | 1 900 kWh | 35 % | 1 235 kWh | 247 € |
La dernière colonne valorise le surplus au prix auquel vous auriez dû acheter ces kWh, environ 0,20 € TTC. C’est ce que vous perdez en surdimensionnant. Au tarif d’achat de juin 2026, ces mêmes kWh vaudraient au mieux 1,1 centime hors taxes : même vendu, le surplus ne vaut presque rien.
Comment autoconsommer davantage
L’autoconsommation sans injection récompense un seul comportement : consommer quand le soleil brille. Les leviers, du moins cher au plus cher :
- Dimensionner le kit sur la consommation de fond. Un panneau de 400 W ou un kit de 600 W bien choisi vaut mieux qu’un kit de 1 600 W à moitié perdu.
- Décaler les gros appareils vers la mi-journée. Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, recharge d’un vélo ou d’un ordinateur portable entre 11 h et 15 h. Une prise programmable ou le départ différé suffit.
- Étaler la production. Deux panneaux, l’un au sud-est et l’autre au sud-ouest, produisent sur une plage plus longue.
- Programmer le chauffe-eau. Un ballon électrique qui chauffe en heures creuses la nuit peut, sur certains contrats, être décalé vers midi ; le gain dépend de votre option tarifaire.
- Ajouter une batterie. C’est le levier le plus cher ; il ne se rembourse que dans des cas précis, étudiés dans le guide kit solaire plug and play avec batterie.
Avantages et limites
Avantages
- Démarche gratuite, en ligne, sans visite technique
- Pas d’attestation Consuel pour un kit assemblé en usine
- Pas de contrat d’achat, pas de facturation, pas de déclaration fiscale
- Compatible avec les locataires, signée au nom du titulaire du contrat d’électricité
Inconvénients
- Le surplus est perdu, sans aucune rémunération
- Pénalise les kits surdimensionnés ou les logements vides en journée
- Toute modification de puissance doit être signalée à Enedis
- Ne permet pas de toucher d’aide liée à la vente d’électricité
Sans injection ne veut pas dire seulement kit
La convention d’autoconsommation sans injection n’est pas réservée aux kits sur prise. Une installation en toiture posée par un professionnel peut aussi fonctionner sans vendre de surplus, avec un dispositif anti-injection et souvent une batterie. Elle relève alors de la même convention, avec une attestation Consuel, puisqu’elle crée des circuits fixes. Depuis que l’arrêté du 1er juin 2026 a ramené le tarif du surplus à 1,1 centime hors taxes par kWh, ce choix devient plus fréquent pour les maisons, car la vente du surplus rapporte très peu.
Le Code de l’énergie prévoit enfin l’autoconsommation collective, aux articles L315-2 et suivants : plusieurs consommateurs voisins se partagent la production d’une ou plusieurs installations, par l’intermédiaire d’une personne morale organisatrice. Ce dispositif vise des projets d’immeuble ou de quartier, avec une installation raccordée et comptée par Enedis. Un kit de balcon n’y entre pas : sa production reste derrière votre propre compteur.
Plusieurs kits, une seule convention
La CACSI est liée au point de livraison, c’est-à-dire à votre compteur. Si vous ajoutez un second kit, la puissance déclarée change et doit être mise à jour auprès d’Enedis. Les limites de sécurité par circuit, plus contraignantes que la convention elle-même, sont expliquées dans le guide brancher plusieurs kits solaires.
Prochaines étapes
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’autoconsommation sans injection ?
C’est le fait de consommer sur place l’électricité produite par ses panneaux, sans vendre de surplus au réseau. En France, elle se déclare à Enedis par une convention d’autoconsommation sans injection, la CACSI, gratuite et signée en ligne avant la mise en service.
Un kit plug and play injecte-t-il vraiment sur le réseau ?
Oui, dès que sa production dépasse la consommation du logement, même quelques secondes. Ce surplus traverse le compteur et part sur le réseau ; avec une CACSI, il est cédé sans contrepartie et le Linky l’enregistre dans un index séparé.
Faut-il un dispositif anti-injection pour un kit solaire ?
Service-public.fr mentionne un dispositif de bridage, sauf si la production reste toujours inférieure à la consommation. Le parcours des kits décrit par Photovoltaique.info et la position d’Enedis publiée par la CRE n’en font pas une condition, et le Code de l’énergie prévoit la cession gratuite du surplus jusqu’à 3 kW. Un dispositif anti-injection sert surtout à ne rien perdre lorsqu’une batterie peut absorber le surplus.
Peut-on passer de l’autoconsommation sans injection à la vente du surplus ?
Oui, mais il faut une demande de raccordement, un contrat d’accès et d’exploitation, une attestation Consuel et un installateur qualifié pour prétendre au tarif d’achat. Pour un kit de quelques centaines de watts, le gain de moins de 5 € par an ne couvre pas ces frais.
L’autoconsommation sans injection est-elle réservée aux kits ?
Non. Elle concerne toute installation jusqu’à 36 kVA dont la production reste sous la puissance souscrite, y compris une installation en toiture avec batterie. Les kits plug and play en sont simplement le cas le plus fréquent.
Que devient l’argent du surplus cédé au réseau ?
Il n’y en a pas. L’énergie injectée sous CACSI n’est ni achetée ni facturée ; elle est absorbée par les consommateurs voisins sur le réseau basse tension.
Sources
- Code de l’énergie, articles L315-1 à L315-8 : l’autoconsommation
- Code de l’énergie, article L315-7 : déclaration des installations en autoconsommation
- Enedis : autoconsommer la totalité de l’énergie produite par vos panneaux
- Photovoltaique.info : raccordement sans injection jusqu’à 36 kVA
- Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l’arrêté du 6 octobre 2021 sur les conditions d’achat de l’électricité photovoltaïque
- Service-public.fr : obtenir de l’électricité avec des panneaux solaires
- Code de l’énergie, articles D315-1 et suivants (dont D315-10 : seuil de 3 kW)
- Photovoltaique.info : arrêté S21, détail des modifications et nouveau tarif unique
Ce guide est une information générale et ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou électrique. Les règles de votre gestionnaire de réseau et de votre commune prévalent.